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Petit tour Franco-espagnol entre le 02 et le 05 juin 2011

dimanche 12 juin 2011

Par une fin de matinée d’un jeudi pluvieux, nous partons depuis la cascade du Pont de l’Ours au-dessus de la cascade du Ceriset, il y a Marie-Hélène et Jean-Charles, Annie et les « Dupont » Francis et Eric. Fifi et Michel sont partis à La Fruitière poser les voitures, ils nous retrouveront au refuge Wallon plus tard.

Il pleuvra tout le long de la montée mais la pluie reste fine et supportable sans le vent. Sur les hauteurs on distingue une petite chute de neige de la veille, ce ne sont pas les températures de la vallée ! Il reste même encore un peu de neige sur les pelouses devant le refuge où nous arrivons vers 17h.

Nous pensions être seuls ou peu nombreux, erreur nous sommes une bonne trentaine, il faut faire de la place autour du poêle pour faire sécher les affaires. Michel arrivera 1/2h après nous, le Fifi l’a un peu fatigué !

Après un bon repas (la soupe fut excellente), dodo vers 22h.

Vendredi, il fait grand beau, la vue est toujours aussi magnifique du Vignemale à la Fache le ciel est d’azur. Il a légèrement gelé.

On quitte le refuge vers 7h30 direction le port du Marcadau, tout le monde est en forme et un peu plus de 2h plus tard nous passons la frontière. Il aura fallu tracer dans la neige l’ultime montée mais elle n’est pas trop dure, les bâtons ne sont pas du luxe.

Au col la vue tant côté nord que sud est grandiose, surtout que côté espagnol on peut admirer les lacs de Bachimala et de Bramatuero d’un bleu profond. On fait une bonne partie de la descente dans la neige, après une petite erreur de parcours dans un petit barranco raide sur une neige dure, on décide de reprendre le sentier initial tout de même plus aisé.

L’environnement est magnifique : entre les hauts sommets qui nous entourent (Vignemale, Enfer, Fache), les lacs et torrents qui ruissellent à grandes eaux, les marmottes gambadent joyeusement, c’est un ravissement, la nature est en train de sortir de l’hiver et les premières fleurs émergent enfin.

On pique-nique près du nouveau refuge au bord de l’embalse bajo de Bachimala à l’abri du vent, je fais une petite sieste comme d’hab, je ne peux pas résister à cette herbe douillette et à ce doux soleil qui me caresse, c’est trop bon !

Mais les coquins se sauvent à mon insu mais je me réveille à temps pour les voir décamper sans bruit et les rattraper très vite ! Dans la descente, Marie glisse et se fait mal à la mâchoire mais c’est sans conséquence, l’arnica lui fera le plus grand bien. La suite se passera sans encombre, il y a quelques passages avec cascades et cañons très photogéniques et on finira enfin par voir les baños de Panticosa.

On arrive vers 16h à la Casa de Piedra, c’est notre refuge pour la nuit tout en pierre comme son nom l’indique, on va être bien. Pour nous remettre on s’enfile une bière maxi format de 50 cl ! Puis on part s’installer et se doucher (à l’eau froide pour ma part, dur-dur !). Comme il est encore tôt, on part faire le tour des bains où nous n’irons pas nous baigner comme nous l’avait vendu Christian ils sont fermés jusqu’à mi-juin. Les environs sont déserts, tout est fermé : le casino, l‘hôtel restaurant 5 étoiles. Quant au reste c’est à l’abandon, quel gâchis, c’est vraiment dommage car l’ensemble n’est pas très beau. Au repas, finalement on est une vingtaine, et oui c’est vendredi et les Espagnols arrivent en voiture pour le week-end. Dodo à la même heure comme hier soir, nous sommes seuls dans notre dortoir.

On se réveille samedi sous un ciel bien gris, la météo n’est pas très optimiste.

La montée vers le lac de Brazato se fait progressive sur le GR11, on a le temps d’admirer le massif du pic d’Enfer et tous ses satellites, nous surprendrons même un isard (ils sont très clairs en cette saison et maigrichons). Au lac il y a pas mal de pêcheurs mais on ne s’attarde pas car le vent commence à se lever.

La montée au col de Brazato nous fait traverser quelques névés bien raides où certains ne sont pas à l’aise mais ça passe, comme dirait le « Frétillant », il faut rester pro !

L’environnement est très lacustre, dommage qu’il fasse gris et dans le lointain à l’ouest on découvre la sierra de Partacua où domine la Peña Telera.

Au col on commence à apercevoir le massif du Vignemale mais le plafond est bas et on ne va pas vers le beau temps…

Dans la descente, le GR suit le rio Batanes qui nous amène à la vallée du rio Ara, dès qu’on entre dans la vallée la pluie commence à tomber. Pour traverser la rivière, le groupe suit Fifi et moi je décide de passer plus haut et de traverser un chaos un peu humide mais pas très compliqué, je manque de marcher sur la queue d’une marmotte plus que surprise de mon passage !

Finalement on se retrouve assez vite et c’est parti pour la remontée jusqu’au col des Mulets. Au fil de la montée, il n’y a plus grand monde qui cause, on se concentre sur nos pas. Même le Fifi se mélange les crayons, il ne reconnaît plus le col d’Aratille devant ses yeux (sûrement embrumés !…), là c’est normal que l’on chambre l’enfant de Tarbes ! La montée au col se passe sans problème, Marie souffre un peu mais elle y arrivera chaperonnée par le beau-frère. Au col il neigeotte et la température est fraîche, il est temps de redescendre ! Après un début par le sentier, on empruntera rapidement les névés et très vite nous arrivons aux Oulettes où l’on retrouve Jean-Thomas plus bougon que jamais…

Mais il nous bichonnera avec des crêpes pour le 4h ainsi qu’au dîner, nous avons un dortoir pour nous tout seul malgré l’affluence. On ira se coucher vers 22h30, ce fut une belle journée, vraiment le GR11 est magnifique, il est vraiment dommage que l’on n’y musarde pas plus souvent.

Quand on se lève dimanche matin, les nuages se déchirent pour nous faire apparaître le seigneur du lieu : le Vignemale et son écharpe de brume, quel spectacle depuis les fenêtres du dortoir, la journée s’annonce sous de bons auspices.

1h plus tard on quitte le refuge, direction le col d’Araillé, il y aura encore pas mal de névés à traverser dont certains passages en neige dure et quelques-uns comme Jean-Charles ou Michel se crispent un peu. Mais ils ne sont pas les seuls, un groupe d’étudiants qui a décidé de rallier Gavarnie en petites chaussures et sans bâtons n’en mènent pas large. Au col, on peut voir les Mulets de la veille et juger de la perspective, c’est fou ce que l’on peut faire comme distance avec nos petites gambettes !

Pour la descente, se présente à nous un immense névé un peu raide dans une neige souple déjà chauffée par le soleil. Notre Jean-Charles veut descendre par les cailloux, il est comme qui dirait réticent mais il se rendra vite à l’évidence que ça se descend très bien. Et c’est appréciable car on économise de la fatigue et du temps et vers 10h nous sommes déjà au lac d’Estom toujours aussi limpide.

Le reste de la descente du Lutour se fait dans le bruit parfois assourdissant des cascades, on commence à croiser pas mal de randonneurs du dimanche, ça change des journées précédentes. Vers midi, nous arrivons enfin à La Fruitière où nous nous régalerons d’un bon repas. Nous y boirons un excellent rosé en l’honneur d’Annie, c’était son anniversaire la veille !

Ce fut un tour vraiment sympa, l’environnement est de toute beauté en cette saison et l’ambiance dans le groupe fut excellente.

On aura marché une bonne vingtaine d’heures à vue de nez pour à peu près 55 km,

Et un dénivelée de + et – 3 300 mètres.

Vivement que l’on recommence !

Eric


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